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Macédoine du Nord
Nous quittons l’Albanie pour une incursion en Macédoine du Nord. Niché au sud-ouest du pays, le couple formé par la ville d'Ohrid et le monastère Saint-Naum constitue l'un des trésors culturels et spirituels des Balkans. Liés par les eaux claires du lac d'Ohrid, l’un des plus anciens et des plus profonds d’Europe, ces deux sites racontent l'histoire des débuts de la culture et de la religion slaves.
Tout près de la frontière albanaise se dresse le Monastère Saint-Naum. Fondé en 905, ce havre spirituel abrite le tombeau de son saint protecteur, dont la légende dit qu'on y entend encore battre le cœur. Le site est aussi réputé pour son cadre naturel unique, où des paons se promènent en liberté au milieu de sources d'eau d'une transparence absolue.

Plus au nord, Ohrid et son lac, classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, forment le cœur historique et touristique du pays. Surnommée la « Jérusalem des Balkans », se promener dans Ohrid c'est remonter le temps. La vieille ville séduit par ses ruelles pavées et ses maisons blanches de style ottoman aux étages en encorbellement.
La cathédrale Sainte‑Sophie d’Ohrid, bâtie au XIᵉ siècle sur les vestiges d’une basilique paléochrétienne, est l’un des joyaux de l’art byzantin dans les Balkans. Ancien siège de l’archevêché d’Ohrid, elle se distingue par ses fresques remarquablement préservées, recouvertes durant la période ottomane puis redécouvertes au XXᵉ siècle. Son architecture sobre, sans dôme central, et son acoustique exceptionnelle en font aujourd’hui un lieu à la fois spirituel et culturel, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le long des falaises, une passerelle en bois mène à l'emblématique église Saint-Jean de Kaneo. Posée sur son promontoire rocheux, elle offre un contraste saisissant entre la brique rouge byzantine et l'immensité du lac au moment du coucher du soleil.
Au IXe siècle, la ville est devenue le cœur battant de la chrétienté orthodoxe slave. C’est ici que les saints Clément et Naum, disciples des célèbres Cyrille et Méthode, ont fondé l'école littéraire d'Ohrid, contribuant massivement à la création et à la diffusion de l'alphabet cyrillique.
Située au pied des monts Šar, la mosquée de Tetovo, communément appelée Mosquée peinte, est l’un des monuments les plus remarquables de l’architecture islamique dans les Balkans.

Construite à l'origine en 1438, la mosquée se distingue des réalisations ottomanes classiques par son apparence et son style. De l'extérieur, son toit à quatre pans rappelle l'architecture des demeures traditionnelles de l'époque, délaissant le dôme de pierre visible en façade. C'est sa décoration qui en fait un chef-d'œuvre unique. Les façades et les murs intérieurs sont entièrement recouverts de fresques florales et géométriques influencées par le baroque européen. Pour lier les couleurs et assurer leur longévité, les maîtres peintres auraient utilisé plus de 30 000 œufs. L'ornementation intérieure se compose d'une profusion de paysages et de motifs végétaux, incluant notamment une illustration rare de la ville de La Mecque.

L’histoire de l'édifice est également remarquable par ses origines. Contrairement à la majorité des mosquées de l'Empire ottoman, financées par des sultans ou des chefs militaires, celle de Tetovo a été commandée et financée par deux sœurs de la ville, Hurshida et Mensure. Leurs sépultures reposent toujours dans le mausolée situé dans la cour. En 1833, le gouverneur local Abdurrahman Pasha a entièrement reconstruit et enrichi le monument pour lui donner son aspect flamboyant actuel.